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Spooky French-English Short Story: Le Chat Noir

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A Spooky French Story with English translation

Looking for an outstanding piece of horror story to boggle your mind and pump up your adrenaline a little? I’m sharing with you a classic story by renowned author Edgar Allan Poe. The French version is translated by no less than Charles Baudelaire.

The language used here is a bit old; it was written in 1843 after all. The translation also stuck closely with the original, so the French being used is also old-fashioned. But nevertheless, it makes for a really good–and spooky–read that’s perfect not just for Halloween, but for any season of the year.

If you want, you can listen along to the French version being narrated here.

French speakers who want to learn English can also listen to the English version.

The Black Cat (Original English Version)

by Edgar Allan Poe

Le Chat Noir (Traduction Française)

Charles Baudelaire

CAT

Relativement à la très étrange et pourtant très familière histoire que je vais coucher par écrit, je n’attends ni ne sollicite la créance.Vraiment, je serais fou de m’y attendre dans un cas où mes sens eux-mêmes rejettent leur propre témoignage. Cependant, je ne suis pas fou, — et très certainement je ne rêve pas. Mais demain je meurs, et aujourd’hui je voudrais décharger mon âme.

For the most wild, yet most homely narrative which I am about to pen, I neither expect nor solicit belief. Mad indeed would I be to expect it in a case where my very senses reject their own evidence. Yet mad am I not—and very surely do I not dream. But tomorrow I die, and to-day I would unburthen my soul.

—-

Mon dessein immédiat est de placer devant le monde, clairement, succinctement et sans commentaires, une série de simples événements domestiques. Dans leurs conséquences, ces événementsm’ont terrifié, — m’ont torturé, — m’ont anéanti. — Cependant, je n’essaierai pas de les élucider.

My immediate purpose is to place before the world plainly, succinctly, and without comment, a series of mere household events. In their consequences these events have terrified – have tortured – have destroyed me. Yet I will not attempt to expound them.

Pour moi, ils ne m’ont guère présenté que de l’horreur : — à beaucoup de personnes ils paraîtront moins terribles que baroques. Plus tard peut-être, il se trouvera une intelligence qui réduira mon fantôme à l’état de lieu commun, — quelque intelligence plus calme, plus logique et beaucoup moins excitable que la mienne, qui ne trouvera dans les circonstances que je raconte avec terreur qu’une succession ordinaire de causes et d’effets très naturels.

To me they presented little but horror – to many they will seem less terrible than baroques. Hereafter, perhaps, some intellect may be found which will reduce my phantasm to the commonplace–some intellect more calm, more logical, and far less excitable than my own, which will perceive, in the circumstances I detail with awe, nothing more than an ordinary succession of very natural causes and effects.

Dès mon enfance, j’étais noté pour la docilité et l’humanité de mon caractère. Ma tendresse de cœur était même si remarquable qu’elle avait fait de moi le jouet de mes camarades. J’étais particulièrement fou des animaux, et mes parents m’avaient permis de posséder une grande variété de favoris. Je passais presque tout mon temps avec eux, et je n’étais jamais si heureux que quand je les nourrissais et les caressais.

From my infancy I was noted for the docility and humanity of my disposition. My tenderness of heart was even so conspicuous as to make me the jest of my companions. I was especially fond of animals, and was indulged by my parents with a great variety of pets. With these I spent most of my time, and never was so happy as when feeding and caressing them.

—-

Cette particularité de mon caractère s’accrut avec ma croissance, et, quand je devins homme, j’en fis une de mes principales sources de plaisirs.Pour ceux qui ont voué une affection à un chien fidèle et sagace, je n’ai pas besoin d’expliquer la nature ou l’intensité des jouissances qu’on peut en tirer.Il y a dans l’amour désintéressé d’une bête, dans ce sacrifice d’elle-même, quelque chose qui va directement au cœur de celui qui a eu fréquemment l’occasion de vérifier la chétive amitié et la fidélité de gaze de l’homme naturel.

This peculiarity of character grew with my growth, and in my manhood I derived from it one of my principal sources of pleasure. To those who have cherished an affection for a faithful and sagacious dog, I need hardly be at the trouble of explaining the nature or the intensity of the gratification thus derivable. There is something in the unselfish and self-sacrificing love of a brute which goes directly to the heart of him who has had frequent occasion to test the paltry friendship and gossamer fidelity of mere Man.

Je me mariai de bonne heure, et je fus heureux de trouver dans ma femme une disposition sympathique à la mienne.Observant mon goût pour ces favoris domestiques, elle ne perdit aucune occasion de me procurer ceux de l’espèce la plus agréable.Nous eûmes des oiseaux, un poisson doré, un beau chien, des lapins, un petit singe et un chat.

I married early, and was happy to find in my wife a disposition not uncongenial with my own.Observing my partiality for domestic pets, she lost no opportunity of procuring those of the most agreeable kind. We had birds, gold-fish, a fine dog, rabbits, a small monkey, and a cat.

Ce dernier était un animal remarquablement fort et beau, entièrement noir, et d’une sagacité merveilleuse. En parlant de son intelligence, ma femme, qui au fond n’était pas peu pénétrée de superstition, faisait de fréquentes allusions à l’ancienne croyance populaire qui regardait tous les chats noirs comme des sorcières déguisées. Ce n’est pas qu’elle fût toujours sérieuse sur ce point, — et si je mentionne la chose, c’est simplement parce que cela me revient, en ce moment même, à la mémoire.

This latter was a remarkably large and beautiful animal, entirely black, and sagacious to an astonishing degree. In speaking of his intelligence, my wife, who at heart was not a little tinctured with superstition, made frequent allusion to the ancient popular notion which regarded all black cats as witches in disguise. Not that she was ever serious upon this point, and I mention the matter at all for no better reason than that it happens just now to be remembered.

Pluton — c’était le nom du chat — était mon préféré, mon camarade.Moi seul, je le nourrissais, et il me suivait dans la maison partout où j’allais. Ce n’était même pas sans peine que je parvenais à l’empêcher de me suivre dans les rues.

Pluto—this was the cat’s name—was my favorite pet and playmate. I alone fed him, and he attended me wherever I went about the house. It was even with difficulty that I could prevent him from following me through the streets.

Notre amitié subsista ainsi plusieurs années, durant lesquelles l’ensemble de mon caractère et de mon tempérament, — par l’opération du démon Intempérance, je rougis de le confesser, — subit une altération radicalement mauvaise. Je devins de jour en jour plus morne, plus irritable, plus insoucieux des sentiments des autres. Je me permis d’employer un langage brutal à l’égard de ma femme. À la longue, je lui infligeai même des violences personnelles.

Our friendship lasted in this manner for several years, during which my general temperament and character–through the instrumentality of the Fiend Intemperance–had (I blush to confess it) experienced a radical alteration for the worse. I grew, day by day, more moody, more irritable, more regardless of the feelings of others. I suffered myself to use intemperate language to my wife. At length, I even offered her personal violence.

Mes pauvres favoris, naturellement, durent ressentir le changement de mon caractère. Non seulement je les négligeais, mais je les maltraitais. Quant à Pluton, toutefois, j’avais encore pour lui une considération suffisante qui m’empêchait de le malmener,tandis que je n’éprouvais aucun scrupule à maltraiter les lapins, le singe et même le chien, quand, par hasard ou par amitié, ils se jetaient dans mon chemin.

My pets of course were made to feel the change in my disposition. I not only neglected but ill-used them. For Pluto, however, I still retained sufficient regard to restrain me from maltreating him, as I made no scruple of maltreating the rabbits, the monkey, or even the dog, when by accident, or through affection, they came in my way.

Mais mon mal m’envahissait de plus en plus, — car quel mal est comparable à l’alcool ? — et à la longue Pluton lui-même, qui maintenant se faisait vieux et qui naturellement devenait quelque peu maussade, — Pluton lui-même commença à connaître les effets de mon méchant caractère.

But my disease grew upon me—for what disease is like Alcohol!–and at length even Pluto, who was now becoming old, and consequently somewhat peevish—even Pluto began to experience the effects of my ill-temper.

Une nuit, comme je rentrais au logis très ivre, au sortir d’un de mes repaires habituels des faubourgs, je m’imaginai que le chat évitait ma présence. Je le saisis ; — mais lui, effrayé de ma violence, il me fit à la main une légère blessure avec les dents. Une fureur de démon s’empara soudainement de moi. Je ne me connus plus, mon âme originelle sembla tout d’un coup s’envoler de mon corps, et une méchanceté hyperdiabolique, saturée de gin, pénétra chaque fibre de mon être.

One night, returning home much intoxicated from one of my haunts about town, I fancied that the cat avoided my presence. I seized him, when, in his fright at my violence, he inflicted a slight wound upon my hand with his teeth. The fury of a demon instantly possessed me. I knew myself no longer. My original soul seemed at once to take its flight from my body, and a more than fiendish malevolence, gin-nurtured, thrilled every fiber of my frame.

Je tirai de la poche de mon gilet un canif, je l’ouvris ; je saisis la pauvre bête par la gorge, et, délibérément, je fis sauter un de ses yeux de son orbite ! Je rougis, je brûle, je frissonne en écrivant cette damnable atrocité !

I took from my waistcoat-pocket a pen-knife, opened it,grasped the poor beast by the throat, and deliberately cut one of its eyes from the socket! I blush, I burn, I shudder, while I pen the damnable atrocity.

Quand la raison me revint avec le matin, — quand j’eus cuvé les vapeurs de ma débauche nocturne,— j’éprouvai un sentiment moitié d’horreur, moitié de remords, pour le crime dont je m’étais rendu coupable ; mais c’était tout au plus un faible et équivoque sentiment, et l’âme n’en subit pas les atteintes. Je me replongeai dans les excès, et bientôt je noyai dans le vin tout le souvenir de mon action.

When reason returned with the morning–when I had slept off the fumes of the night’s debauch–I experienced a sentiment half of horror, half of remorse, for the crime of which I had been guilty,but it was at best a feeble and equivocal feeling, and the soul remained untouched. I again plunged into excess, and soon drowned in wine all memory of the deed.

Cependant le chat guérit lentement.L’orbite de l’œil perdu présentait, il est vrai, un aspect effrayant, mais il n’en parut plus souffrir désormais.Il allait et venait dans la maison selon son habitude ; mais, comme je devais m’y attendre, il fuyait avec une extrême terreur à mon approche.

In the meantime the cat slowly recovered. The socket of the lost eye presented, it is true, a frightful appearance, but he no longer appeared to suffer any pain. He went about the house as usual, but, as might be expected, fled in extreme terror at my approach.

Il me restait assez de mon ancien cœur pour me sentir d’abord affligé de cette évidente antipathie de la part d’une créature qui jadis m’avait tant aimé. Mais ce sentiment fit bientôt place à l’irritation. Et alors apparut, comme pour ma chute finale et irrévocable, l’esprit de perversité.

I had so much of my old heart left as to be at first grieved by this evident dislike on the part of a creature which had once so loved me. But this feeling soon gave place to irritation. And then came, as if to my final and irrevocable overthrow, the spirit of Perverseness.

De cet esprit la philosophie ne tient aucun compte. Cependant, aussi sûr que mon âme existe, je crois que la perversité est une des primitives impulsions du cœur humain, — une des indivisibles premières facultés ou sentiments qui donnent la direction au caractère de l’homme.Qui ne s’est pas surpris cent fois commettant une action sotte ou vile, par la seule raison qu’il savait devoir ne pas la commettre ?N’avons-nous pas une perpétuelle inclination, malgré l’excellence de notre jugement, à violer ce qui est la Loi, simplement parce que nous comprenons que c’est la Loi ? Cet esprit de perversité, dis-je, vint causer ma déroute finale.

Of this spirit philosophy takes no account. Yet I am not more sure that my soul lives than I am that perverseness is one of the primitive impulses of the human heart–one of the indivisible primary faculties or sentiments which give direction to the character of Man. Who has not, a hundred times, found himself committing a vile or a silly action for no other reason than because he knows he should not? Have we not a perpetual inclination, in the teeth of our best judgment, to violate that which is Law, merely because we understand it to be such? This spirit of perverseness, I say, came to my final overthrow.

C’est ce désir ardent, insondable de l’âme de se torturer elle-même, — de violenter sa propre nature, — de faire le mal pour l’amour du mal seul, — qui me poussait à continuer, et finalement à consommer le supplice que j’avais infligé à la bête inoffensive.

It was this unfathomable longing of the soul to vex itself—to offer violence to its own nature—to do wrong for the wrong’s sake only—that urged me to continue and finally to consummate the injury I had inflicted upon the unoffending brute.

Un matin, de sang-froid, je glissai un nœud coulant autour de son cou, et je le pendis à la branche d’un arbre ; — je le pendis avec des larmes plein mes yeux, — avec le plus amer remords dans le cœur ; — je le pendis, parce que je savais qu’il m’avait aimé, et parce que je sentais qu’il ne m’avait donné aucun sujet de colère ; — je le pendis, parce que je savais qu’en faisant ainsi je commettais un péché, — un péché mortel qui compromettait mon âme immortelle, au point de la placer, — si une telle chose était possible, — même au delà de la miséricorde infinie du Dieu très miséricordieux et très terrible.

One morning, in cool blood, I slipped a noose about its neck and hung it to the limb of a tree; hung it with the tears streaming from my eyes, and with the bitterest remorse at my heart; hung it because I knew that it had loved me, and because I felt it had given me no reason of offense; hung it because I knew that in so doing I was committing a sin—a deadly sin that would so jeopardize my immortal soul as to place it, if such a thing were possible, even beyond the reach of the infinite mercy of the Most Merciful and Most Terrible God.

Dans la nuit qui suivit le jour où fut commise cette action cruelle, je fus tiré de mon sommeil par le cri : « Au feu ! » Les rideaux de mon lit étaient en flammes. Toute la maison flambait. Ce ne fut pas sans une grande difficulté que nous échappâmes à l’incendie, — ma femme, un domestique, et moi. La destruction fut complète. Toute ma fortune fut engloutie, et je m’abandonnai dès lors au désespoir.

On the night of the day on which this cruel deed was done, I was aroused from sleep by the cry of fire. The curtains of my bed were in flames. The whole house was blazing. It was with great difficulty that my wife, a servant, and myself, made our escape from the conflagration. The destruction was complete. My entire worldly wealth was swallowed up, and I resigned myself thenceforward to despair.

Je ne cherche pas à établir une liaison de cause à effet entre l’atrocité et le désastre, je suis au-dessus de cette faiblesse. Mais je rends compte d’une chaîne de faits, — et je ne veux pas négliger un seul anneau. Le jour qui suivit l’incendie, je visitai les ruines. Les murailles étaient tombées, une seule exceptée ; et cette seule exception se trouva être une cloison intérieure, peu épaisse, située à peu près au milieu de la maison, et contre laquelle s’appuyait le chevet de mon lit. La maçonnerie avait ici, en grande partie, résisté à l’action du feu, — fait que j’attribuai à ce qu’elle avait été récemment remise à neuf. Autour de ce mur, une foule épaisse était rassemblée, et plusieurs personnes paraissaient en examiner une portion particulière avec une minutieuse et vive attention. Les mots « analogues ! étrange ! singulier ! » et autres expressions, excitèrent ma curiosité. Je m’approchai, et je vis, semblable à un bas-relief sculpté sur la surface blanche, la figure d’un gigantesque chat. L’image était rendue avec une exactitude vraiment merveilleuse. Il y avait une corde autour du cou de l’animal.

I am above the weakness of seeking to establish a sequence of cause and effect between the disaster and the atrocity. But I am detailing a chain of facts, and wish not to leave even a possible link imperfect. On the day succeeding the fire, I visited the ruins. The walls with one exception had fallen in. This exception was found in a compartment wall, not very thick, which stood about the middle of the house, and against which had rested the head of my bed. The plastering had here in great measure resisted the action of the fire, a fact which I attributed to its having been recently spread. About this wall a dense crowd were collected, and many persons seemed to be examining a particular portion of it with very minute and eager attention. The words “Strange!” “Singular!” and other similar expressions, excited my curiosity. I approached and saw, as if graven in bas relief upon the white surface the figure of a gigantic cat. The impression was given with an accuracy truly marvelous. There as a rope about the animal’s neck.

Tout d’abord, en voyant cette apparition, — car je ne pouvais guère considérer cela que comme une apparition, — mon étonnement et ma terreur furent extrêmes. Mais, enfin, la réflexion vint à mon aide.Le chat, je m’en souvenais, avait été pendu dans un jardin adjacent à la maison. Aux cris d’alarme, ce jardin avait été immédiatement envahi par la foule, et l’animal avait dû être détaché de l’arbre par quelqu’un, et jeté dans ma chambre à travers une fenêtre ouverte. Cela avait été fait, sans doute, dans le but de m’arracher au sommeil. La chute des autres murailles avait comprimé la victime de ma cruauté dans la substance du plâtre fraîchement étendu ; la chaux de ce mur, combinée avec les flammes et l’ammoniaque du cadavre, avait ainsi opéré l’image telle que je la voyais.

When I first beheld this apparition—for I could scarcely regard it as less—my wonder and my terror were extreme. But at length reflection came to my aid. The cat, I remembered, had been hung in a garden adjacent to the house. Upon the alarm of fire this garden had been immediately filled by the crowd, by some one of whom the animal must have been cut from the tree and thrown through an open window into my chamber. This had probably been done with the view of arousing me from sleep. The falling of other walls had compressed the victim of my cruelty into the substance of the freshly spread plaster; the lime of which, with the flames and the ammonia from the carcass, had then accomplished the portraiture as I saw it.

Quoique je satisfisse ainsi lestement ma raison, sinon tout à fait ma conscience, relativement au fait surprenant que je viens de raconter, il n’en fit pas moins sur mon imagination une impression profonde. Pendant plusieurs mois je ne pus me débarrasser du fantôme du chat ; et durant cette période un demi-sentiment revint dans mon âme, qui paraissait être, mais qui n’était pas le remords.

Although I thus readily accounted to my reason, if not altogether to my conscience, for the startling fact just detailed, it did not the less fail to make a deep impression upon my fancy. For months I could not rid myself of the phantasm of the cat,and during this period there came back into my spirit a half-sentiment that seemed, but was not, remorse.

J’allais jusqu’à déplorer la perte de l’animal, et à chercher autour de moi, dans les bouges méprisables que maintenant je fréquentais habituellement, un autre favori de la même espèce et d’une figure à peu près semblable pour le suppléer.

I went so far as to regret the loss of the animal, and to look about me among the vile haunts which I now habitually frequented for another pet of the same species, and of somewhat similar appearance, with which to supply its place.

Une nuit, comme j’étais assis à moitié stupéfié, dans un repaire plus qu’infâme, mon attention fut soudainement attirée vers un objet noir, reposant sur le haut d’un des immenses tonneaux de gin ou de rhum qui composaient le principal ameublement de la salle. Depuis quelques minutes, je regardais fixement le haut de ce tonneau, et ce qui me surprenait maintenant, c’était de n’avoir pas encore aperçu l’objet situé dessus. Je m’en approchai, et je le touchai avec ma main. C’était un chat noir, — un très gros chat, — au moins aussi gros que Pluton, lui ressemblant absolument, excepté en un point.Pluton n’avait pas un poil blanc sur tout le corps ; celui-ci portait une éclaboussure large et blanche, mais d’une forme indécise, qui couvrait presque toute la région de la poitrine.

One night, as I sat half-stupefied in a den of more than infamy, my attention was suddenly drawn to some black object, reposing upon the head of one of the immense hogsheads of gin or of rum, which constituted the chief furniture of the apartment. I had been looking steadily at the top of this hogshead for some minutes, and what now caused me surprise was the fact that I had not sooner perceived the object thereupon. I approached it, and touched it with my hand. It was a black cat—a very large one—fully as large as Pluto, and closely resembling him in every respect but one. Pluto had not a white hair upon any portion of his body; but this cat had a large, although indefinite splotch of white,covering nearly the whole region of the breast.

À peine l’eus-je touché, qu’il se leva subitement, ronronna fortement, se frotta contre ma main, et parut enchanté de mon attention. C’était donc là la vraie créature dont j’étais en quête.J’offris tout de suite au propriétaire de le lui acheter ; mais cet homme ne le revendiqua pas, — ne le connaissait pas, — ne l’avait jamais vu auparavant.

Upon my touching him he immediately arose, purred loudly, rubbed against my hand, and appeared delighted with my notice.This, then, was the very creature of which I was in search. I at once offered to purchase it of the landlord; but this person made no claim to it—knew nothing of it—had never seen it before.

Je continuai mes caresses, et quand je me préparai à retourner chez moi, l’animal se montra disposé à m’accompagner. Je lui permis de le faire ; me baissant de temps à autre, et le caressant en marchant. Quand il fut arrivé à la maison, il s’y trouva comme chez lui, et devint tout de suite le grand ami de ma femme.

I continued my caresses, and when I prepared to go home the animal evinced a disposition to accompany me. I permitted it to do so, occasionally stooping and patting it as I proceeded. When it reached the house it domesticated itself at once,and became immediately a great favorite with my wife.

Pour ma part, je sentis bientôt s’élever en moi une antipathie contre lui. C’était justement le contraire de ce que j’avais espéré ; mais, — je ne sais ni comment ni pourquoi cela eut lieu, — son évidente tendresse pour moi me dégoûtait presque et me fatiguait. Par de lents degrés, ces sentiments de dégoût et d’ennui s’élevèrent jusqu’à l’amertume de la haine.

For my own part, I soon found a dislike to it arising within me. This was just the reverse of what I had anticipated, but—I know not how or why it was—its evident fondness for myself rather disgusted and annoyed. By slow degrees these feelings of disgust and annoyance rose into the bitterness of hatred.

J’évitais la créature ; une certaine sensation de honte et le souvenir de mon premier acte de cruauté m’empêchèrent de la maltraiter.Pendant quelques semaines, je m’abstins de battre le chat ou de le malmener violemment ; mais graduellement, — insensiblement, — j’en vins à le considérer avec une indicible horreur, et à fuir silencieusement son odieuse présence, comme le souffle d’une peste.

I avoided the creature; a certain sense of shame, and the remembrance of my former deed of cruelty, preventing me from physically abusing it. I did not, for some weeks, strike or otherwise violently ill-use it, but gradually—very gradually—I came to look upon it with unutterable loathing,and to flee silently from its odious presence as from the breath of a pestilence.

Ce qui ajouta sans doute à ma haine contre l’animal fut la découverte que je fis le matin, après l’avoir amené à la maison, que, comme Pluton, lui aussi avait été privé d’un de ses yeux. Cette circonstance, toutefois, ne fit que le rendre plus cher à ma femme, qui, comme je l’ai déjà dit, possédait à un haut degré cette tendresse de sentiment qui jadis avait été mon trait caractéristique et la source fréquente de mes plaisirs les plus simples et les plus purs.

What added, no doubt, to my hatred of the beast was the discovery, on the morning after I brought it home,that, like Pluto, it also had been deprived of one of its eyes. This circumstance, however, only endeared it to my wife, who, as I have already said, possessed in a high degree that humanity of feeling which had once been my distinguishing trait, and the source of many of my simplest and purest pleasures.

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Néanmoins, l’affection du chat pour moi paraissait s’accroître en raison de mon aversion contre lui.Il suivait mes pas avec une opiniâtreté qu’il serait difficile de faire comprendre au lecteur.Chaque fois que je m’asseyais, il se blottissait sous ma chaise, ou il sautait sur mes genoux, me couvrant de ses affreuses caresses.Si je me levais pour marcher, il se fourrait dans mes jambes, et me jetait presque par terre, ou bien,enfonçant ses griffes longues et aiguës dans mes habits, grimpait de cette manière jusqu’à ma poitrine.Dans ces moments-là, quoique je désirasse le tuer d’un bon coup, j’en étais empêché, en partie par le souvenir de mon premier crime, mais principalement — je dois le confesser tout de suite — par une véritable terreur de la bête.

With my aversion to this cat, however, its partiality for myself seemed to increase. It followed my footsteps with a pertinacity which it would be difficult to make the reader comprehend. Whenever I sat, it would crouch beneath my chair or spring upon my knees, covering me with its loathsome caresses. If I arose to walk it would get between my feet and thus nearly throw me down, or, fastening its long and sharp claws in my dress, clamber in this manner to my breast. At such times, although I longed to destroy it with a blow, I was yet withheld from so doing,partly by a memory of my former crime, but chiefly—let me confess it at once—by absolute dread of the beast.

Cette terreur n’était pas positivement la terreur d’un mal physique, — et cependant je serais fort en peine de la définir autrement. Je suis presque honteux d’avouer, — oui, même dans cette cellule de malfaiteur, je suis presque honteux d’avouer que la terreur et l’horreur que m’inspirait l’animal avaient été accrues par une des plus parfaites chimères qu’il fût possible de concevoir. Ma femme avait appelé mon attention plus d’une fois sur le caractère de la tache blanche dont j’ai parlé, et qui constituait l’unique différence visible entre l’étrange bête et celle que j’avais tuée.

This dread was not exactly a dread of physical evil–and yet I should be at a loss how otherwise to define it.I am almost ashamed to own—yes, even in this felon’s cell, I am almost ashamed to own—that the terror and horror with which the animal inspired me had been heightened by one of the merest chimeras it would be possible to conceive. My wife had called my attention more than once to the character of the mark of white hair, of which I have spoken,and which constituted the sole visible difference between the strange beast and the one I had destroyed.

Le lecteur se rappellera sans doute que cette marque, quoique grande, était primitivement indéfinie dans sa forme ; mais, lentement, par degrés, — par des degrés imperceptibles, et que ma raison s’efforça longtemps de considérer comme imaginaires, — elle avait à la longue pris une rigoureuse netteté de contours. Elle était maintenant l’image d’un objet que je frémis de nommer, — et c’était là surtout ce qui me faisait prendre le monstre en horreur et en dégoût, et m’aurait poussé à m’en délivrer, si je l’avais osé ; — c’était maintenant, dis-je, l’image d’une hideuse, — d’une sinistre chose, — l’image du gibet ! — oh ! lugubre et terrible machine ! machine d’horreur et de crime, — d’agonie et de mort !

The reader will remember that this mark, although large, had been originally very indefinite, but by slow degrees—degrees nearly imperceptible, and which for a long time my reason struggled to reject as fanciful–it had at lengthassumed a rigorous distinctness of outline. It was now the representation of an object that I shudder to name—and for this above all I loathed and dreaded, and would have rid myself of the monster had I dared–it was now, I say, the image of a hideous—of a ghastly thing—of the Gallows!—O, mournful and terrible engine of horror and of crime—of agony and of death!

Et maintenant, j’étais en vérité misérable au delà de la misère possible de l’humanité. Une bête brute, — dont j’avais avec mépris détruit le frère — une bête brute, engendrer pour moi, — pour moi, homme façonné à l’image du Dieu très haut, — une si grande et si intolérable infortune ! Hélas ! je ne connaissais plus la béatitude du repos, ni le jour ni la nuit ! Durant le jour, la créature ne me laissait pas seul un moment ; et pendant la nuit, à chaque instant, quand je sortais de mes rêves pleins d’une intraduisible angoisse, c’était pour sentir la tiède haleine de la chose sur mon visage, et son immense poids, — incarnation d’un cauchemar que j’étais impuissant à secouer, — éternellement posé sur mon cœur !

And now was I indeed wretched beyond the wretchedness of mere humanity. And a brute beast—whose fellow I had contemptuously destroyed–a brute beast to work out for me—for me a man, fashioned in the image of the High God—so much of insufferable woe! Alas! neither by day nor by night knew I the blessing of rest any more! During the former the creature left me no moment alone; and in the latter I started hourly from dreams of unutterable fear, to find the hot breath of the thing upon my face, and its vast weight—an incarnate nightmare that I had no power to shake off—incumbent eternally upon my heart!

30 Days to mater

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Sous la pression de pareils tourments, le peu de bon qui restait en moi succomba. De mauvaises pensées devinrent mes seules intimes, — les plus sombres et les plus mauvaises de toutes les pensées. La tristesse de mon humeur habituelle s’accrut jusqu’à la haine de toutes choses et de toute humanité ; cependant, ma femme, qui ne se plaignait jamais, hélas ! était mon souffre-douleur ordinaire, la plus patiente victime des soudaines, fréquentes et indomptables éruptions d’une furie à laquelle je m’abandonnai dès lors aveuglément.

Beneath the pressure of torments such as these, the feeble remnant of the good within me succumbed. Evil thoughts became my sole intimates—the darkest and most evil of thoughts. The moodiness of my usual temper increased to hatred of all things and of all mankind; while from the sudden frequent and ungovernable outbursts of a fury to which I now blindly abandoned myself, my uncomplaining wife, alas! was the most usual and the most patient of sufferers.

Un jour, elle m’accompagna pour quelque besogne domestique dans la cave du vieux bâtiment où notre pauvreté nous contraignait d’habiter. Le chat me suivit sur les marches roides de l’escalier, et m’ayant presque culbuté la tête la première, m’exaspéra jusqu’à la folie. Levant une hache, et oubliant dans ma rage la peur puérile qui jusque-là avait retenu ma main, j’adressai à l’animal un coup qui eût été mortel, s’il avait porté comme je le voulais ; mais ce coup fut arrêté par la main de ma femme. Cette intervention m’aiguillonna jusqu’à une rage plus que démoniaque ; je débarrassai mon bras de son étreinte et lui enfonçai ma hache dans le crâne. Elle tomba morte sur la place, sans pousser un gémissement.

One day she accompanied me upon some household errand into the cellar of the old building which our poverty compelled us to inhabit. The cat followed me down the steep stairs, and nearly throwing me headlong, exasperated me to madness. Uplifting an ax, and forgetting in my wrath the childish dread which had hitherto stayed my hand, I aimed a blow at the animal, which of course would have proved instantly fatal had it descended as I wished. But this blow was arrested by the hand of my wife. Goaded by the interference into a rage more than demoniacal, I withdrew my arm from her grasp and buried the ax in her brain. She fell dead upon the spot without a groan.

Cet horrible meurtre accompli, je me mis immédiatement et très délibérément en mesure de cacher le corps. Je compris que je ne pouvais pas le faire disparaître de la maison, soit de jour, soit de nuit, sans courir le danger d’être observé par les voisins. Plusieurs projets traversèrent mon esprit. Un moment j’eus l’idée de couper le cadavre par petits morceaux, et de les détruire par le feu. Puis je résolus de creuser une fosse dans le sol de la cave. Puis je pensai à le jeter dans le puits de la cour, — puis à l’emballer dans une caisse comme marchandise, avec les formes usitées, et à charger un commissionnaire de le porter hors de la maison. Finalement, je m’arrêtai à un expédient que je considérai comme le meilleur de tous. Je me déterminai à le murer dans la cave, — comme les moines du moyen âge muraient, dit-on, leurs victimes.

This hideous murder accomplished, I set myself forthwith and with entire deliberation to the task of concealing the body. I knew that I could not remove it from the house, either by day or by night, without the risk of being observed by the neighbors. Many projects entered my mind. At one period I thought of cutting the corpse into minute fragments and destroying them by fire. At another I resolved to dig a grave for it in the floor of the cellar. Again, I deliberated about casting it in the well in the yard—aboutpacking it in a box, as if merchandise, with the usual arrangements, and so getting a porter to take it from the house. Finally I hit upon what I considered a far better expedient than either of these. I determined to wall it up in the cellar—as the monks of the middle ages are recorded to have walled up their victims.

La cave était fort bien disposée pour un pareil dessein. Les murs étaient construits négligemment, et avaient été récemment enduits dans toute leur étendue d’un gros plâtre que l’humidité de l’atmosphère avait empêché de durcir. De plus, dans l’un des murs, il y avait une saillie causée par une fausse cheminée, ou espèce d’âtre, qui avait été comblée et maçonnée dans le même genre que le reste de la cave. Je ne doutais pas qu’il ne me fût facile de déplacer les briques à cet endroit, d’y introduire le corps, et de murer le tout de la même manière, de sorte qu’aucun œil n’y pût rien découvrir de suspect.

For a purpose such as this the cellar was well adapted. Its walls were loosely constructed and had lately been plastered throughout with a rough plaster, which the dampness of the atmosphere had prevented from hardening. Moreover, in one of the walls was a projection caused by a false chimney or fireplace, that had been filled up and made to resemble the rest of the cellar. I made no doubt that I could readily displace the bricks at this point, insert the corpse, and wall the whole up as before, so that no eye could detect anything suspicious.

Et je ne fus pas déçu dans mon calcul. À l’aide d’une pince, je délogeai très aisément les briques, et, ayant soigneusement appliqué le corps contre le mur intérieur, je le soutins dans cette position jusqu’à ce que j’eusse rétabli, sans trop de peine, toute la maçonnerie dans son état primitif. M’étant procuré du mortier, du sable et du poil avec toutes les précautions imaginables, je préparai un crépi qui ne pouvait pas être distingué de l’ancien, et j’en recouvris très soigneusement le nouveau briquetage. Quand j’eus fini, je vis avec satisfaction que tout était pour le mieux. Le mur ne présentait pas la plus légère trace de dérangement. J’enlevai tous les gravats avec le plus grand soin, j’épluchai pour ainsi dire le sol. Je regardai triomphalement autour de moi, et me dis à moi-même : Ici, au moins, ma peine n’aura pas été perdue !

And in this calculation I was not deceived. By means of a crowbar I easily dislodged the bricks, and having carefully deposited the body against the inner wall, I propped it in that position, while with little trouble I relaid the whole structure as it originally stood. Having procured mortar, sand, and hair with every possible precaution, I prepared a plaster which could not be distinguished from the old, and with this I very carefully went over the new brick-work. When I had finished I felt satisfied that all was right. The wall did not present the slightest appearance of having been disturbed. The rubbish on the floor was picked up with the minutest care. I looked around triumphantly, and said to myself—”Here at last, then, my labor has not been in vain.”

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Mon premier mouvement fut de chercher la bête qui avait été la cause d’un si grand malheur ; car, à la fin, j’avais résolu fermement de la mettre à mort. Si j’avais pu la rencontrer dans ce moment, sa destinée était claire ; mais il paraît que l’artificieux animal avait été alarmé par la violence de ma récente colère, et qu’il prenait soin de ne pas se montrer dans l’état actuel de mon humeur. Il est impossible de décrire ou d’imaginer la profonde, la béate sensation de soulagement que l’absence de la détestable créature détermina dans mon cœur. Elle ne se présenta pas de toute la nuit, — et ainsi ce fut la première bonne nuit, — depuis son introduction dans la maison, — que je dormis solidement et tranquillement ; oui, je dormis avec le poids de ce meurtre sur l’âme.

My next step was to look for the beast which had been the cause of so much wretchedness, for I had at length firmly resolved to put it to death. Had I been able to meet with it at the moment there could have been been no doubt of its fate, but it appeared that the crafty animal had been alarmed at the violence of my previous anger, and forbore to present itself in my present mood. It is impossible to describe or to imagine the deep, the blissful sense of relief which the absence of the detested creature occasioned in my bosom. It did not make its appearance during the night—and thus for one night at least since its introduction into the house I soundly and tranquilly slept, aye, slept even with the burden of murder upon my soul!

Le second et le troisième jour s’écoulèrent, et cependant mon bourreau ne vint pas. Une fois encore je respirai comme un homme libre. Le monstre, dans sa terreur, avait vidé les lieux pour toujours ! Je ne le verrais donc plus jamais ! Mon bonheur était suprême ! La criminalité de ma ténébreuse action ne m’inquiétait que fort peu. On avait bien fait une espèce d’enquête, mais elle s’était satisfaite à bon marché. Une perquisition avait même été ordonnée, — mais naturellement on ne pouvait rien découvrir. Je regardais ma félicité à venir comme assurée.

The second and the third day passed, and still my tormentor came not. Once again I breathed as a freeman. The monster, in terror, had fled the premises forever! I should behold it no more! My happiness was supreme! The guilt of my dark deed disturbed me but little. Some few inquiries had been made, but these had been readily answered. Even a search had been instituted—but of course nothing was to be discovered. I looked upon my future felicity as secured.

Le quatrième jour depuis l’assassinat, une troupe d’agents de police vint très inopinément à la maison, et procéda de nouveau à une rigoureuse investigation des lieux. Confiant, néanmoins, dans l’impénétrabilité de la cachette, je n’éprouvai aucun embarras. Les officiers me firent les accompagner dans leur recherche. Ils ne laissèrent pas un coin, pas un angle inexploré. À la fin, pour la troisième ou quatrième fois, ils descendirent dans la cave. Pas un muscle en moi ne tressaillit. Mon cœur battait paisiblement, comme celui d’un homme qui dort dans l’innocence. J’arpentais la cave d’un bout à l’autre ; je croisais mes bras sur ma poitrine, et me promenais çà et là avec aisance. La police était pleinement satisfaite et se préparait à décamper. La jubilation de mon cœur était trop forte pour être réprimée. Je brûlais de dire au moins un mot, rien qu’un mot, en manière de triomphe, et de rendre deux fois plus convaincue leur conviction de mon innocence.

Upon the fourth day of the assassination, a party of the police came very unexpectedly into the house, and proceeded again to make rigorous investigation of the premises. Secure, however, in the inscrutability of my place of concealment, I felt no embarrassment whatever. The officers bade me accompany them in their search. They left no nook or corner unexplored. At length, for the third or fourth time, they descended into the cellar. I quivered not in a muscle. My heart beat calmly as that of one who slumbers in innocence. I walked the cellar from end to end. I folded my arms upon my bosom, and roamed easily to and fro. The police were thoroughly satisfied, and prepared to depart. The glee at my heart was too strong to be restrained. I burned to say if but one word by way of triumph, and to render doubly sure their assurance of my guiltlessness.

« Gentlemen, — dis-je à la fin, — comme leur troupe remontait l’escalier, — je suis enchanté d’avoir apaisé vos soupçons. Je vous souhaite à tous une bonne santé et un peu plus de courtoisie. Soit dit en passant, gentlemen, voilà — voilà une maison singulièrement bien bâtie (dans mon désir enragé de dire quelque chose d’un air délibéré, je savais à peine ce que je débitais) ; — je puis dire que c’est une maison admirablement bien construite. Ces murs — est-ce que vous partez, gentlemen ? — ces murs sont solidement maçonnés. »

“Gentlemen,” I said at last, as the party ascended the steps, “I delight to have allayed your suspicions. I wish you all health, and a little more courtesy. By the by, gentlemen, this—this is a very well-constructed house.” [In the rabid desire to say something easily, I scarcely knew what I uttered at all.] “I may say an excellently well-constructed house. These walls—are you going, gentlemen?—these walls are solidly put together;” and here, through the mere frenzy of bravado, I rapped heavily with a cane which I held in my hand upon that very portion of the brick-work behind which stood the corpse of the wife of my bosom.

Et ici, par une bravade frénétique, je frappai fortement avec une canne que j’avais à la main juste sur la partie du briquetage derrière laquelle se tenait le cadavre de l’épouse de mon cœur.

Ah ! qu’au moins Dieu me protège et me délivre des griffes de l’Archidémon ! — À peine l’écho de mes coups était-il tombé dans le silence, qu’une voix me répondit du fond de la tombe ! — une plainte, d’abord voilée et entrecoupée, comme le sanglotement d’un enfant, puis, bientôt, s’enflant en un cri prolongé, sonore et continu, tout à fait anormal et antihumain, — un hurlement, — un glapissement, moitié horreur et moitié triomphe, — comme il en peut monter seulement de l’Enfer, — affreuse harmonie jaillissant à la fois de la gorge des damnés dans leurs tortures, et des démons exultant dans la damnation !

But may God shield and deliver me from the fangs of the arch-fiend! No sooner had the reverberation of my blows sunk into silence than I was answered by a voice from within the tomb!—by a cry, at first muffled and broken, like the sobbing of a child, and then quickly swelling into one long, loud, and continuous scream, utterly anomalous and inhuman{[–}}a howl—a wailing shriek, half of horror and half of triumph, such as might have arisen only out of hell, conjointly from the throats of the damned in their agony and of the demons that exult in the damnation.

Vous dire mes pensées, ce serait folie. Je me sentis défaillir, et je chancelai contre le mur opposé. Pendant un moment, les officiers placés sur les marches restèrent immobiles, stupéfiés par la terreur. Un instant après, une douzaine de bras robustes s’acharnaient sur le mur. Il tomba tout d’une pièce. Le corps, déjà grandement délabré et souillé de sang grumelé, se tenait droit devant les yeux des spectateurs. Sur sa tête, avec la gueule rouge dilatée et l’œil unique flamboyant, était perchée la hideuse bête dont l’astuce m’avait induit à l’assassinat, et dont la voix révélatrice m’avait livré au bourreau. J’avais muré le monstre dans la tombe !

Of my own thoughts it is folly to speak. Swooning, I staggered to the opposite wall. For one instant the party upon the stairs remained motionless, through extremity of terror and of awe. In the next a dozen stout arms were toiling at the wall. It fell bodily. The corpse, already greatly decayed and clotted with gore, stood erect before the eyes of the spectators. Upon its head, with red extended mouth and solitary eye of fire, sat the hideous beast whose craft had seduced me into murder, and whose informing voice had consigned me to the hangman. I had walled the monster up within the tomb!

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About the Author Frederic

Frederic Bibard is the founder of Talk in French, a company that helps french learners to practice and improve their french. Macaron addict. Jacques Audiard fan. You can contact him on Twitter and Google +

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